A peine sorti du ventre de ma mère, je suis monté sur mes quatre pattes un peu tremblantes. Il me fallu quelques instants pour savoir comment faire quelques pas et c’est là que j’entendis les murmures d’un troupeau de bipèdes qui ne ressemblaient pas du tout à ma mère, certainement pas de la race chevaline, et qui se disaient les uns aux autres : qu’elle est jolie, élégante !

Plus je grandissais et plus de bipèdes venaient me voir. Qu’avais-je donc de si  particulier pour que l’on me trouve jolie ? Certes j’ai des pattes très fines, une longue queue et je caracole déhanchée. Je finis par comprendre que c’est ma longue crinière qui les attirait, attirait les commentaires. Elle était couleur de l’arc en ciel et les couleurs étaient mouvantes. Chacun de mes crins, de mes cheveux comportait plusieurs couleurs qui se mélangeaient  au hasard de mes mouvements de tête qui étaient nombreux à cause d’une mèche qui s’installait devant un de mes yeux. J’entendais aussi à propos de ma chevelure… Comme une réfractassion de la lumière.

Je trottais gracieusement, la queue, elle aussi réfractant la lumière en allant d’un côté à l’autre de mes fesses que les bipèdes regardaient intensément.

>Un bipède moustachu cria : quel beau cul !