Je n’avais jamais regardé de l’autre côté de la haie craignant d’y voir des monstres. « Monstre » n’existait pas dans mon innocence. 

Et je continuais de sentir, pincer avec délicatesse les fleurs entre mes lèvres, parfois de les lécher.

Les copines étaient retournées jouer dans le pré sous l’œil du vieil étalon qui un jour ou l’autre devra leur donner son sperme. C’était son boulot pour encore quelques mois. Epuisé, inutile, on fera certainement de lui de la colle ou participera-t-il à la composition de certaines farines qui faisaient des animaux des anthropophages comme le sont les bipèdes qui nous mangent. Nous sommes des êtres vivants nous aussi !