Le bipède affreux qui me donnait à manger des carottes et de l’avoine, me bichonnait, me bouchonnait, me coupait les ongles, me palpait… Il me dit un jour à l’oreille : tu vas bientôt avoir une saillie. Et maintenant que j’ai eu beaucoup d’expériences, je suis sûr que dans son pantalon large et sale, il y avait une érection. Les autres bipèdes de l’écurie disaient de lui qu’il était un vieux cochon.

Cela se passait dans un centre d’insémination artificielle du côté de St Barthélémy d’Anjou, dit-on. C’était dans un grand pré vert avec des fleurs au printemps. L’herbe y était goûteuse.

Ce fut au printemps que je le rencontrais.

Dans la haie venaient d’éclore les forsythias jaune d’or.

De l’autre côté de la haie il y avait des monstres, m’avait prévenu ma mère encore enceinte. Pas question d’approcher de la haie.

C’est pourtant ce que je fis avec les copines  qui y plongèrent elles aussi leur museau, leurs naseaux qui les faisaient éternuer quand les fleurs les pénétraient.